Samedi 24 décembre 2005

(Oxygen festival, juillet 2004)
God is an astronaut, ou l'art de s'emparer des images
L'écran est blanc. les trois musiciens sont en place. Brusquement, l'écran s'enneige. Il y a un problème ?
Non... Ce n'est que le début. Déjà, à travers la neige se dessinent des croix.
C'est là que Niels, le bassiste, attaque. Face à nous, dos à l'écran, il se découpe le long des images. Nous sommes sur God is an astronaut TV. Ils sont sont emparés des images et vont les faire parler.
Tout s'ouvre sur la conquète spaciale. Images d'Apollo. On part pour la lune. On est impressionnés. L'espace se déroule devant nous. Fin du morceau, fin de la première scène.
Vient alors cet homme, ou cette femme, avec son masque à gaz. Figure déshumanisée, avec une trompe affreuse. Transition.
Et puis "The end of the beginning" se fait entendre. Sur l'écran, champignons atomiques et essais nucléaires se succèdent. Cette science, capable de nous envoyer sur la lune, est aussi capable de nous réduire à néant.
Reviennent ces êtres emitoufflés dans leur masques à gaz. Parodies de femmes, en maillot de bain, en train de faire des mouvements de gym, pour montrer leur facilité à respirer dans les grosses pieuvres qui enserrent leur visage.
C'est l'Amérique de la Guerre Froide, l'Amérique des années 50, l'Amérique du rêve américain, l'Amérique d'avant le Vietnam...
Images de Guerres, de Georges W. Bush, de tornades, de raz-de-marées et d'expérimentation animale... Tout arrive sur l'écran et s'égraine au long de la musique. Les titres de God prennent tout leur sens. Nul n'est besoin de paroles.
Tout est dit. God est un groupe clairement engagé. L'image est omniprésente et elle signifie. Elle ne nous abrutit pas, elle nous fait réfléchir.
Le concert s'achève sur le morceau "route 666". On avait commencé avec la science, on achève le spectacle avec la science-fiction et le fantastique. Les classiques sont revisités : on reconnait à l'écran les films "Nosfératu", "Le choc des titans", "La chose d'un autre monde" ou encore "King-Kong"...
Pieuvres géantes, insectes immences, créatures de l'espace... Finalement, on s'amuse. On a peur, mais pour du faux. On dédramatise...
Pourtant, tout au long du concert, God nous a bien fait comprendre que le monstre que l'homme craint tant et qu'il personnifie sous forme de bêtes, de vampires ou de zombies ne se situe pas ailleurs qu'au plus profond de lui-même. Et qu'aujourd'hui, on est bien capable du pire à l'échelle planétaire...
Publié par Estebàn
à 2005-12-24 04:43:54
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